Safepole est le premier roman d’anticipation du jeune écrivain antibois Léonard Foggia, dont le leitmotiv est de « créer des mondes ». Publié en juin 2015 aux Editions Chum, Safepole se déroule dans la deuxième moitié du 21e siècle, dans un monde au bord de la rupture. Ce livre a retenu l’attention de notre rédaction car il se déroule en Australie mais aussi, et surtout, car il a été écrit en Australie par un français voyageant dans le cadre du Working Holiday Visa.

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Partir un an en Australie dans le cadre du Working Holiday Visa 

« J’avais 26 ans et je sentais monter en moi le désir profond d’écrire un livre pour traiter de thèmes qui me sont chers », explique-t-il. Mais pour y arriver, il fallait que Léonard Foggia s’investisse pleinement dans cette démarche, ce qui lui était difficile parce qu’il était littéralement submergé par son quotidien.  Il prend alors la décision radicale de partir un an en Australie dans le cadre du Working Holiday Visa : « c’est la seule solution que j’avais pour réaliser mon rêve. Il me fallait tout plaquer pour tout recommencer à l’autre bout du monde, en me créant une routine propice à l’écriture ». Il obtient son visa, pose ses préavis de boulot et d’appartement, et s’envole pour Sydney. Là-bas, il déniche une collocation dans le quartier d’Oxford Street, trouve un job de serveur à Surry Hill, et débute l’écriture de son roman. Les semaines passent et Safepole prend vie dans un cadre hors du commun « j’écrivais chez moi, dans les parcs, sur la plage, partout où je le pouvais », détaille Léonard Foggia. Il quitte finalement la capitale économique Australienne pour voyager tout autour du pays. « Le wwoofing était idéal pour moi, raconte-t-il avec enthousiasme, il me permettait de voir du pays, de travailler le matin et d’écrire l’après-midi, sans stress ». Safepole prend du volume. « Après un an passé Down Under, j’ai achevé le premier jet du livre, confie-t-il, j’avais accompli ma mission et pouvais revenir sereinement en France avec l’objectif de publier mon roman ». C’est là que ça se corse. Les grandes maisons d’éditions lui claquent toutes la porte au nez, mais il récolte au passage quelques précieux conseils qui lui permettent de « réécrire Safepole pour le bonifier davantage ». Une fois ce travail terminé, les Editions Chum accepte de publier Safepole qui voit le jour quelques mois plus tard, le temps de le peaufiner, encore et encore. « Ce n’est pas un aboutissement, c’est un commencement », espère-t-il alors que son livre est déjà disponible dans toutes les bonnes librairies et sur Internet (Amazon, Fnac, Chapitre, etc.). D’ailleurs, il promet d’ores-et-déjà la publication prochaine d’un livre totalement différent puisqu’il retracera avec humour son parcours en Australie dans une sorte de road-movie déjanté !

Un roman qui  se déroule aussi  en Australie !

L’Australie a inspiré Léonard Foggia avec « ses paysages sauvages, ses décors grandioses, ses métropoles modernes » au point que ses héros, Emma et Cassandre, vivent une bonne partie de leurs péripéties en Australie. « Le nord-est du pays, où la jungle glisse doucement vers la Mer de Corail, m’a profondément marqué lorsque je travaillais aux alentours de Cairns, explique-t-il, j’ai donc créé Sophia, cette ville surprotégée du 21e siècle que j’imagine comme une bulle flottant à la surface de l’eau, en périphérie de la grande barrière de corail ». Le contexte trouvé, l’auteur pouvait dérouler le destin hors du commun d’Emma et Cassandre, « deux âmes sœur aux trajectoires opposées qui finissent par s’allier pour éviter l’extinction de l’espèce humaine ». Si l’intrigue est avant-gardiste, elle reste facilement imaginable comme il l’affirme : « je la voulais comme un miroir de notre civilisation et le reflet de nos aspirations ». Une intrigue propice pour « faire passer des messages d’alertes liés à l’actualité ». Et dans le roman, cela se vérifie rapidement. De nombreux thèmes très actuels sont abordés, d’ailleurs souvent avec habileté, comme la peur du terrorisme, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les limites du modèle capitaliste, les inégalités entre les riches et les pauvres, l’influence de la communication sur les politiques et les menaces environnementales.

Si vous ne vous êtes pas encore jeté sur Safepole, le premier roman d’anticipation du jeune écrivain antibois Léonard Foggia, nous vous le recommandons vivement, c’est un livre prenant et déroutant qu’il faut absolument avoir dans sa poche lors de votre prochain voyage en Australie !

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